Qu’est-ce que la messe ?

Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur le cycle de catéchèse donné par le pape François à ce sujet lors d’audiences générales (novembre 2017 – avril 2018).

« La messe, c’est la rencontre de Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. Nous allons à la messe pour rencontrer le Seigneur ou mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Église ». Le Pape ajoute :

« Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la Messe du dimanche parce que ce n’est qu’avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles. (…)

En forçant le trait, nous pourrions dire que la messe est comme un grain, un grain de blé qui doit ensuite grandir dans la vie ordinaire, grandir dans les bonnes œuvres, les attitudes qui nous font ressembler à Jésus ». 

eucharistie
Pixabay

Parfois, nous assistons à la messe de manière machinale, sans vraiment y être. Pour nous aider à vivre pleinement l’Eucharistie, le pape François nous invite à (re)découvrir le sens de tous ces signes, ces rites que forment une messe. En comprenant mieux la messe, nous y participerons assurément mieux. 

La messe comporte différentes parties : 

  • La liturgie de l’accueil et du rassemblement (ou rites initiaux)
  • La liturgie de la Parole 
  • La liturgie de l’Eucharistie
  • La liturgie de l’envoi (ou rites de conclusion)

Les rites de chaque partie seront approfondis dans de prochaines publications du Lien (2021)

Pourquoi aller à la messe ?

La situation actuelle de la crise sanitaire prive bon nombre de chrétiens de participer à la messe le dimanche. Beaucoup de paroisses essaient d’inventer des moyens qui permettraient aux paroissiens d’assister à une messe dominicale, au moins de temps en temps. Il y a des listes d’inscriptions pour une date bien définie, des possibilités d’assister à une messe de semaine en remplacement de celle du dimanche, des essais de sensibiliser les personnes à s’arranger entre elles pour organiser un roulement des présences dans l’assemblée dominicale, etc.

Tout en sachant qu’il n’y a pas de solution parfaite qui peut contenter tout le monde, je sens parfois une ambiance de ras-le-bol, d’incompréhension et de relâchement …

Cette situation nous amène de temps en temps à fermer nos oreilles pour ne pas entendre le cri de détresse d’un frère, d’une sœur de la paroisse qui a, lui/elle aussi, soif de participer quelquefois à une messe. Ou au contraire, parfois nous nous retranchons derrière l’excuse de sécurité sanitaire pour ne pas aller à la messe. 

La rédaction du Lien s’est posé des questions : Pourquoi vais-je à la messe ? Qu’est-ce qui m’y conduit ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce qui me manque quand je ne peux pas participer à la messe ? Comment puis-je combler le vide que j’éprouve sans la messe du dimanche ?

Nous vous proposons des témoignages qui nous partagent comment les uns ou les autres vivent la situation actuelle avant de vous présenter, à partir de septembre, les parties d’une messe, leurs sens et leurs importances pour le baptisé, pour le peuple de Dieu.

La messe, une célébration du culte, un rite, …. ou bien plus ?

Irmgard B. – Le Lien mai 2021

La messe en temps de COVID

Kieffer

Pour m’intégrer à la paroisse de l’église, devant laquelle, depuis des mois, je passais pour aller plus loin, j’en ai franchi le porche poussé par une intuition, celle de m’enraciner dans mon lieu de vie. Quelques semaines plus tard, à la demande du curé, je m’étais intégré à la chorale en voie d’être lancée. 

En cette période de Covid, en ce temps où la participation libre et entière est bien mise à mal dans l’église, par l’épidémie, je me pose la question. « Qu’est ce qui fait que pendant 15 ans, plus ou moins, chaque dimanche, avec l’organiste, quelques choristes, et notre chef de « coeur » j’ai participé, avec joie et fidélité, à la répétition du mardi et à la messe chantée du Dimanche, ce mémorial ?

Combien de générations avant moi, avaient fidèlement été présentes, dans cette église millénaire, à ce temps de mémoire d’un événement ancien et nouveau chaque fois, la Messe.

Que m’apporte cette période d’absence, de manque ? Un temps de réflexion pour me poser la question « Qu’est-ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui était attirant dans la messe ? »

Lire la suite

Comment nourrir ma foi en absence d’Eucharistie ?

« Prenez et mangez, prenez et buvez … Vous ferez cela en mémoire de moi » (Lc 22,17…19). Instaurée par Jésus lui-même, l’Eucharistie a très vite été au centre de la vie de la jeune communauté chrétienne qui se rassemblait régulièrement pour rompre le pain.

Kieffer

Seul, on ne peut pas être église. L’Église n’existe que parce qu’on est ensemble, en assemblée. Et cette assemblée s’exprime par excellence dans l’Eucharistie, le moment de rompre le pain, de partager le Corps du Christ pour, ensemble, constituer et devenir ce Corps du Christ dans le monde.

Lorsque nous sommes « en assemblée », nous construisons quelque chose ensemble. La Parole nous éclaire, l’homélie nous exhorte, la prière en communauté nous fortifie, la communion nous nourrit. Et ce « tout » qu’on appelle « eucharistie » nous envoie vers le monde, vers nos prochains, vers notre vie personnelle et communautaire, pour y donner forme au Corps du Christ, au Royaume de Dieu sur terre.

C’est tout un programme, un pilier fondamental, une philosophie, un projet de vie. Une religion.

Et ce pilier, aujourd’hui, est masqué, voilé, inaccessible. 

Comment, dès lors, être éclairé, exhorté, fortifié, nourri, envoyé ? Où trouver force et courage pour donner forme au Royaume ?

Lire la suite

La foi n’est pas évidente

La foi n’est pas évidente 

La liturgie du deuxième dimanche de cette année 2021 donne matière à méditer. Je ne me focaliserai que sur une, à savoir la foi en partant de la thèse qu’elle n’est pas évidente, autant pour les apôtres que pour nous aujourd’hui. Trois raisons justifient cette affirmation.

La première, c’est que la foi n’est pas innée comme la raison. À ce titre, elle n’est pas naturelle et ne relève pas du ressort de l’humain. Elle est un don, une grâce que l’on obtient en s’ouvrant au Seigneur. On l’acquiert dans l’histoire de sa vie, soit au baptême, soit au cours d’une fortuite et inouïe rencontre. Par le baptême, le célébrant et l’assemblée plantent ou sèment une graine de foi dans le cœur du baptisé de manière à grandir en âge et en spiritualité – amour, foi et espérance -. Mais la foi doit être nourrie, cultivée et exploitée pour être maintenue forte et inébranlable.

Si la foi n’est pas innée, donc pas naturelle, il n’est donc pas normal de condamner les incroyants ou les athées, ni de la leur imposer, encore moins de leur faire la guerre. La foi est une adhésion libre à la personne de Dieu, de son Fils et de son Esprit. Elle demeure un appel à la confiance en Dieu en tant que Père plein de miséricorde et d’amour, qui n’a pas d’autres desseins que le salut de l’homme et de l’humanité. La foi en Dieu ne porte pas davantage sur le fait qu’Il soit créateur, absolu et puissant que sur le fait d’être Père tendre, lent à la colère, donc miséricordieux et plein d’amour.

Lire la suite

Pâques, une fête de lumière et de foi pour les chrétiens

Le dimanche de Pâques la Lumière du Christ éclaire notre cœur et tout notre être. La joie résonne dans nos communautés.

« Le Christ est ressuscité, oui, il est vraiment ressuscité ». C’est ainsi que se saluent les chrétiens du Proche Orient pendant le temps pascal.

Oui, le Christ est ressuscité au cœur de ma vie ! Mais qu’est-ce que cela veut dire dans mon quotidien ? Comment puis-je le reconnaître ?

Lire la suite

A l’exemple de Saint-Joseph, comment concilier travail et foi ?

TEMOIGNAGE DE PATRICK

Dieu merci, nous sommes toujours autorisés à exprimer assez librement nos opinions, contrairement à de trop nombreux pays soumis à la censure ; ceci étant dit, dans le contexte actuel qui tend à supprimer tous les signes d’appartenance religieuse dans l’espace publique (e.g. ne dites plus vacances de Toussaint, Noël et Pâques mais vacances d’automne, d’hiver et de printemps, ou encore que dire de ce débat récurrent sur la suppression de la dimension « Catholique » de l’Université de Louvain), il est clair que partager ma foi de chrétien avec mes collègues du boulot reste plus que jamais une démarche qui demande un engagement personnel fort.

Très loin d’essayer de faire du prosélytisme au travail, je ne cherche pas non plus à cacher ma foi. En fait, être un témoin du Seigneur dans mon travail passe pour moi surtout par mon attitude face à mes collègues et aux situations. Ainsi, je m’efforce par exemple de donner la même écoute et témoigner du même respect à tous mes collègues sans faire de distinction.

Au hasard d’une conversation, il m’arrive aussi d’échanger ouvertement sur mes valeurs chrétiennes avec un collègue, chrétien ou non, sans que nous ayons à nous juger et toujours dans le respect de l’autre et de ses différences.

Sans que j’aie eu besoin de parler de Dieu, il m’est arrivé qu’un collègue me dise : « On voit que tu es chrétien », quel meilleur signe aurais-je pu attendre ? Ma foi, je la vis partout et à toute heure. Ne dit-on pas d’ailleurs très justement qu’une foi sans les actes est une foi morte.

Patrick Raymaekers

Saint-Joseph, le 19 mars

Le 19 mars, nous fêtons Saint-Joseph, Patron de l’Église universelle. Le pape François a lancé une « année spéciale Saint-Joseph » du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021. Dans la Lettre apostolique « Patris Corde », le pape ne manque pas de qualificatifs pour décrire ce saint. En voici quelques extraits :

St Joseph, église ND Mousty (photo AB)

1. Père aimé

Saint Paul VI observe que sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait « d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui y est jointe …

2. Père dans la tendresse

Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu ….

La tendresse est la meilleure manière de toucher ce qui est fragile en nous. (…) Seule la tendresse nous sauvera de l’œuvre de l’Accusateur (cf. Ap 12, 10). C’est pourquoi il est important de rencontrer la Miséricorde de Dieu, notamment dans le Sacrement de la Réconciliation, en faisant une expérience de vérité et de tendresse.

3. Père dans l’obéissance

Dans chaque circonstance de sa vie, Joseph a su prononcer son « fiat », tout comme Marie à l’Annonciation, et comme Jésus à Gethsémani.

Joseph « a été appelé par Dieu à servir directement la personne et la mission de Jésus en exerçant sa paternité. C’est bien de cette manière qu’il coopère dans la plénitude du temps au grand mystère de la Rédemption et qu’il est véritablement ministre du salut ».

4. Père dans l’accueil

Joseph (…) fait place à ce qui arrive et, (…) il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. (…)

La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille.

5. Père au courage créatif

Si la première étape de toute vraie guérison intérieure consiste à accueillir sa propre histoire, c’est-à-dire à faire de la place en nous-mêmes y compris à ce que nous n’avons pas choisi dans notre vie, il faut cependant ajouter une autre caractéristique importante : le courage créatif, surtout quand on rencontre des difficultés.  

6. Père travailleur

Saint Joseph était un charpentier qui a travaillé honnêtement pour garantir la subsistance de sa famille. Jésus a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail.

7. Père dans l’ombre

On ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas seulement parce qu’on met au monde un enfant, mais parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Toutes les fois que quelqu’un assume la responsabilité de la vie d’un autre, dans un certain sens, il exerce une paternité à son égard.

Le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi.

Extrait de l’encyclique « Patris Corde », pape François

Photo de la statue de Saint-Joseph en l’église Notre-Dame de Mousty (AB)