Prière du synode

Nous voici devant Toi, Esprit Saint ;

en Ton Nom, nous sommes réunis.

Toi notre seul conseiller,

viens à nous,

demeure avec nous,

daigne habiter nos cœurs.

Enseigne-nous vers quel but nous orienter ;

montre-nous comment

nous devons marcher ensemble.

Nous qui sommes faibles et pécheurs,

ne permets pas 

que nous provoquions le désordre.

Fais-en sorte, que l’ignorance

ne nous entraîne pas

sur une fausse route,

ni que la partialité influence nos actes.

Que nous trouvions en Toi notre unité,

sans nous éloigner

du chemin de la vérité et de la justice,

en avançant ensemble vers la vie éternelle.

Nous te le demandons à Toi,

qui agit en tout temps et en tout lieu,

dans la communion du Père et du Fils,

pour les siècles des siècles.


Amen

Ouverture du synode, basilique de Koekelberg, 13 octobre 2021

Le Père Luc a 100 ans le 4 octobre !!

Lorsque l’ancienne maison paroissiale de Mousty a été transformée en résidence pour prêtres âgés, le Père Luc et sa sœur ont occupé l’appartement au-dessus du porche.

AB

Dès les premiers jours, il s’est intégré à la pastorale, célébrant des messes, animant un groupe de partage d’évangile, s’impliquant comme visiteurs de malades en dialyse au sein de l’aumônerie de la Clinique. Après avoir perdu l’usage de sa voiture, vu sa mauvaise vue, il s’y rendait régulièrement à pied.

C’est un personnage hors du commun, animé d’une vitalité extraordinaire, tourné vers les autres, saluant avec empathie tout son entourage.

De lui, je garderai ce rayonnement joyeux, ferme et constant. Je dirais en prise directe sur la transcendance.

Alors qu’en période de l’Avent, quelques rares paroissiens se levaient pour la messe de l’aurore à 6h30, à la crypte, il était un des premiers présents. Jusqu’avant le Covid, il nous chantait d’une voix ferme, en latin et a capella, le « Rorate Caeli desuper », chant grégorien dont le refrain est tiré du Livre d’Isaïe (45,8) : « Cieux, épanchez-vous là-haut, et que les nuages déversent la justice, que la terre s’ouvre et produise le salut » pour nous entrainer d’une voix vibrante à nous ouvrir à celui qu’il a servi toute sa vie, à la prière, à la grâce, au mystère, à l’immanence.

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Mes vacances à Kinshasa

Depuis‌ ‌2013,‌ ‌je‌ ‌voyage‌ ‌à‌ ‌Kinshasa‌ ‌deux‌ ‌fois‌ ‌l’an,‌ ‌de‌ ‌mi-janvier‌ ‌à‌ ‌mi-mars‌ ‌et‌ ‌en‌ ‌été‌ ‌(août).‌ ‌J’y‌ ‌vais‌ ‌pour‌ ‌dispenser‌ ‌des‌ ‌cours‌ ‌de‌ ‌philosophie‌ ‌à‌ ‌l’université‌ ‌et‌ ‌au‌ ‌séminaire‌ ‌de‌ ‌philosophie‌ ‌de‌ ‌Kinshasa.‌ ‌Celle-ci‌ ‌est‌ ‌ma‌ ‌ville‌ ‌natale.‌ ‌J’y‌ ‌ai‌ ‌grandi‌ ‌et‌ ‌fait‌ ‌toutes‌ ‌mes‌ ‌études,‌ ‌à‌ ‌l’exception‌ ‌du‌ ‌3ème‌ ‌cycle‌ ‌de‌ ‌philosophie,‌ ‌effectué‌ ‌en‌ ‌Belgique‌ ‌à‌ ‌l’UCL‌ ‌C’est‌ ‌toujours‌ ‌une‌ ‌joie‌ ‌pour‌ ‌moi‌ ‌d’ y‌ ‌retourner‌ ‌après‌ ‌avoir‌ ‌passé‌ ‌quatre‌ ‌mois‌ ‌ou‌ ‌plus‌ ‌en‌ ‌Europe.‌ ‌Je‌ ‌dois‌ ‌avouer‌ ‌que‌ ‌depuis‌ ‌près‌ ‌de‌ ‌cinq‌ ‌ans,‌ ‌je‌ ‌n’ai ‌plus‌ ‌la‌ ‌nostalgie‌ ‌de mon‌ ‌pays‌ ‌quand‌ ‌je‌ ‌suis‌ ‌à‌ ‌l’étranger‌ ‌mais‌ ‌je‌ ‌me‌ ‌plais‌ ‌à‌ ‌y‌ ‌aller‌ ‌si‌ ‌une‌ ‌bonne‌ ‌opportunité‌ ‌se‌ ‌présente.‌ ‌

J’aimerais‌ ‌cependant‌ ‌dire‌ ‌à‌ ‌ceux‌ ‌qui‌ ‌n’ont‌ ‌jamais‌ ‌visité‌ ‌ce‌ ‌coin‌ ‌du‌ ‌monde‌ ‌qu’il‌ ‌n’y‌ ‌a‌ ‌pas‌ ‌à‌ ‌comparer‌ ‌ces‌ ‌deux‌ ‌continents‌ ‌qui ‌n’ont quasiment rien de commun.‌ ‌C’est‌ ‌le‌ ‌jour‌ ‌et‌ ‌la‌ ‌nuit‌ ‌dans‌ ‌beaucoup‌ ‌de‌ ‌domaines.‌ ‌Pour‌ ‌caricaturer‌ ‌un‌ ‌peu,‌ ‌je‌ ‌dirai‌ qu’on‌ ‌ne‌ ‌trouve‌ ‌toujours‌ ‌pas‌ ‌en‌ ‌Afrique‌ ‌ce‌ ‌qui‌ ‌est‌ ‌bon‌ ‌en‌ ‌Europe‌ ‌et‌ ‌vice‌ ‌versa.‌ ‌A‌ ‌titre‌ ‌d’exemple,‌ ‌quand‌ ‌en‌ ‌hiver,‌ ‌il‌ ‌fait‌ ‌froid‌ ‌en‌ ‌Belgique,‌ c’est plutôt la chaleur tropicale qu’on vit‌ au‌ ‌Congo‌ ‌Kinshasa.‌ ‌Et‌ ‌quand‌ ‌en‌ ‌été,‌ ‌il‌ ‌fait‌ ‌chaud‌ à Ottignies,‌ c’est la fraicheur, avec des brumes matinales qu’on connaît ‌à‌ ‌Kinshasa.‌ Enfin, l’Europe‌ ‌s’est‌ ‌dotée‌ ‌de‌ ‌structures‌ ‌et‌ ‌infrastructures‌ ‌qu’on‌ ‌ne‌ ‌trouve‌ ‌pas‌ ‌tout‌ ‌à‌ ‌fait‌ ‌au‌ ‌Congo-Kinshasa.‌ ‌En‌ ‌conséquence,‌ ‌je‌ ‌fais‌ ‌mon‌ ‌deuil‌ ‌de‌ ‌l’Europe‌ ‌dès‌ ‌que‌ ‌j’atterris‌ ‌à‌ ‌Kinshasa.‌ ‌Je‌ ‌m’y‌ ‌adapte‌ ‌aussitôt‌ ‌arrivé,‌ ‌vu‌ ‌que‌ ‌c’est‌ ‌mon‌ ‌pays‌ ‌natal.‌ ‌

Cette année, j’y ai vécu‌ ‌le‌ ‌réchauffement‌ ‌climatique. La‌ ‌saison‌ ‌sèche‌ ‌a‌ ‌eu‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌peine‌ ‌à‌ ‌s’imposer.‌ ‌En‌ ‌principe,‌ ‌elle‌ ‌va‌ ‌de‌ la ‌mi-mai‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌mi-août.‌ Généralement, il‌ ‌fait‌ ‌plus‌ ‌frais‌ ‌le‌ ‌matin‌ ‌et‌ ‌le‌ ‌soir.‌ ‌La‌ ‌température‌ ‌ne‌ ‌s’élève‌ ‌pas‌ ‌au-dessus‌ ‌de‌ ‌25°.‌ ‌Elle‌ ‌varie‌ ‌entre‌ ‌20‌ ‌et‌ ‌25°. Il ‌ne‌ ‌pleut‌ ‌pas.‌ ‌Malheureusement,‌ ‌cette‌ ‌fois-ci,‌ ‌c’est‌ ‌vers‌ ‌mi-juin‌ ‌qu’elle‌ ‌s’est‌ ‌vraiment‌ ‌pointée‌ ‌à‌ ‌l’horizon. ‌La température était toujours plus élevée que la moyenne.  ‌En‌ ‌août,‌ ‌à‌ ‌la‌ ‌grande‌ ‌surprise‌ ‌de‌ ‌toute‌ ‌la‌ ‌population,‌ ‌la‌ ‌première‌ ‌pluie‌ ‌est‌ ‌tombée‌ ‌plus‌ ‌tôt‌ ‌que‌ ‌prévu.‌ ‌La‌ ‌chaleur‌ ‌étouffante‌ ‌se‌ ‌ressentait‌ ‌déjà,‌ ‌annonçant‌ ‌ainsi‌ ‌l’arrivée‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌saison‌ ‌de‌ ‌pluie.‌ ‌

A‌ ‌côté‌ ‌de‌ ‌ces‌ ‌aspects‌ ‌climatiques,‌ ‌il‌ ‌y‌ ‌a‌ ‌la‌ ‌chaleur‌ ‌humaine,‌ ‌non‌ ‌étouffante,‌ ‌plutôt‌ ‌affective et par surcroit thérapeutique,‌ ‌caractéristique‌ ‌des‌ ‌pauvres‌ ‌de‌ ‌Yahwé.‌ ‌ Là-bas, je fais l’expérience d’une autre forme de richesse, celle de la joie de vivre simplement, d’une sourire authentique, dépouillée de tout préjugé ; bref d’une vie vraiment BIO.

Denis KIALUTA LONGANA

La liturgie de l’envoi

Nous clôturons par cet article l’explication du déroulement de la messe.

« Le Seigneur nous fait messagers »

La célébration se termine et c’est comme un nouveau départ pour nous… Nous sommes envoyés vers les autres pour vivre l’Évangile dans notre quotidien ! Un chant de sortie nous le rappelle : « Une messe commence quand un monde se construit … »

Kieffer

« Le Seigneur soit avec vous!

Et avec votre esprit.

Que Dieu tout puissant vous bénisse,

Le Père, Le Fils et Le Saint Esprit. Amen! 

Allez, dans la paix du Christ.

Nous rendons grâce à Dieu. »

La Bénédiction

Bénir, c’est « dire le Bien ». Le prêtre bénit l’assemblée au nom de Dieu, il annonce que Dieu reconnaît ce qu’il y a de bon en chacun, qu’il désire le bonheur des hommes et qu’il leur donne sa force.

Allez dans la paix du Christ

Le mot « messe » vient de « mission ». Comme Jésus a envoyé ses disciples, nous aussi, nous sommes envoyés avec les autres chrétiens pour annoncer la Bonne Nouvelle.

Voici un extrait de l’Audience générale par le pape François du 4 avril 2018

… De même que la messe avait débuté par un signe de croix, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est encore au nom de la Sainte Trinité que s’achève la messe, c’est-à-dire l’action liturgique. Cependant, nous savons bien qu’à la fin de la messe, commence le temps du témoignage.

Les chrétiens ne vont pas à la messe comme un devoir hebdomadaire, pour passer ensuite à autre chose ! Les chrétiens vont à la messe pour participer à la passion et à la résurrection du Seigneur, et pour vivre ensuite toujours plus en chrétiens : c’est le temps du témoignage qui commence.

Nous sortons de la messe pour « aller dans la paix du Christ » apporter la bénédiction de Dieu dans nos activités quotidiennes, dans nos maisons, sur nos lieux de travail, dans les occupations de notre vie terrestre, en « glorifiant le Seigneur par notre vie ». Mais si nous sortons de la messe en faisant des commérages et en disant « regarde-le celui-là, regarde-la celle-là… », c’est que la messe n’a pas pénétré notre cœur. À chaque fois que je sors de la messe, je dois en sortir meilleur que je n’y suis entré, avec davantage de vie, de force, de volonté de vivre en témoin du Christ.

Nous passons donc de la célébration à la vie, conscients que la messe se réalise dans nos choix concrets si nous nous laissons impliquer en personne dans les mystères du Christ.

Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie afin d’apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Qu’est que cela signifie ? Cela signifie laisser agir le Christ dans nos actions : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments nos sentiments, ses choix nos choix. Voilà ce qu’est la sainteté : la sainteté chrétienne, c’est agir comme le Christ a agi. 

Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui se laissent agrandir l’âme par la force de l’Esprit-Saint, après avoir reçu le corps et le sang du Christ. N’ayez pas l’âme étroite, fermée, petite, égoïste ! Mais une âme large, une âme grande, une âme qui voit grand … 

Les fruits de la messe sont par ailleurs destinés à mûrir dans la vie de chaque jour. En vérité, en renforçant notre union au Christ, l’Eucharistie renouvelle la grâce que l’Esprit nous a donnée lors de notre baptême et de notre confirmation, afin de rendre crédible notre témoignage de chrétiens. 

L’Eucharistique renouvelle, fortifie et approfondit le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons, selon le principe que l’Eucharistie fait l’Église, qu’elle nous unit tous.

Enfin, participer à l’Eucharistie nous engage également vis-à-vis des autres, en particulier des pauvres, en nous apprenant à passer de la chair du Christ à celle de nos frères, en lesquels le Christ attend d’être reconnu, servi, honoré, aimé.

La liturgie de la Parole

Cette partie de la messe est constituée par les lectures, le Psaume, l’Évangile, l’Homélie, un temps de silence, la Profession de Foi, la prière universelle, qui est la prière des fidèles et que nous appelons aussi les intentions.

La première lecture est le plus souvent tirée de l’Ancien Testament, en vue de préparer la lecture de l’Évangile. Par l’Ancien Testament nous mettons nos pas dans ceux qui, avant nous, ont cru en la venue du Christ.

Le Psaume

Les Psaumes sont des chants, des prières de l’Ancien Testament. Ils nous partagent la joie, la tristesse, la crainte, le désir et le refus, mais aussi la colère des hommes devant Dieu. Ils nous permettent de prier et de méditer nos propres situations de vie. Ils nous offrent toutes les nuances  des sentiments humains. Jésus a prié les Psaumes. En les priant avec lui, notre prière devient le chant du Fils à son Père.

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Qu’est-ce que la messe ?

Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur le cycle de catéchèse donné par le pape François à ce sujet lors d’audiences générales (novembre 2017 – avril 2018).

« La messe, c’est la rencontre de Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. Nous allons à la messe pour rencontrer le Seigneur ou mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Église ». Le Pape ajoute :

« Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la Messe du dimanche parce que ce n’est qu’avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles. (…)

En forçant le trait, nous pourrions dire que la messe est comme un grain, un grain de blé qui doit ensuite grandir dans la vie ordinaire, grandir dans les bonnes œuvres, les attitudes qui nous font ressembler à Jésus ». 

eucharistie
Pixabay

Parfois, nous assistons à la messe de manière machinale, sans vraiment y être. Pour nous aider à vivre pleinement l’Eucharistie, le pape François nous invite à (re)découvrir le sens de tous ces signes, ces rites que forment une messe. En comprenant mieux la messe, nous y participerons assurément mieux. 

La messe comporte différentes parties : 

  • La liturgie de l’accueil et du rassemblement (ou rites initiaux)
  • La liturgie de la Parole 
  • La liturgie de l’Eucharistie
  • La liturgie de l’envoi (ou rites de conclusion)

Les rites de chaque partie seront approfondis dans de prochaines publications du Lien (2021)

Pourquoi aller à la messe ?

La situation actuelle de la crise sanitaire prive bon nombre de chrétiens de participer à la messe le dimanche. Beaucoup de paroisses essaient d’inventer des moyens qui permettraient aux paroissiens d’assister à une messe dominicale, au moins de temps en temps. Il y a des listes d’inscriptions pour une date bien définie, des possibilités d’assister à une messe de semaine en remplacement de celle du dimanche, des essais de sensibiliser les personnes à s’arranger entre elles pour organiser un roulement des présences dans l’assemblée dominicale, etc.

Tout en sachant qu’il n’y a pas de solution parfaite qui peut contenter tout le monde, je sens parfois une ambiance de ras-le-bol, d’incompréhension et de relâchement …

Cette situation nous amène de temps en temps à fermer nos oreilles pour ne pas entendre le cri de détresse d’un frère, d’une sœur de la paroisse qui a, lui/elle aussi, soif de participer quelquefois à une messe. Ou au contraire, parfois nous nous retranchons derrière l’excuse de sécurité sanitaire pour ne pas aller à la messe. 

La rédaction du Lien s’est posé des questions : Pourquoi vais-je à la messe ? Qu’est-ce qui m’y conduit ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce qui me manque quand je ne peux pas participer à la messe ? Comment puis-je combler le vide que j’éprouve sans la messe du dimanche ?

Nous vous proposons des témoignages qui nous partagent comment les uns ou les autres vivent la situation actuelle avant de vous présenter, à partir de septembre, les parties d’une messe, leurs sens et leurs importances pour le baptisé, pour le peuple de Dieu.

La messe, une célébration du culte, un rite, …. ou bien plus ?

Irmgard B. – Le Lien mai 2021

La messe en temps de COVID

Kieffer

Pour m’intégrer à la paroisse de l’église, devant laquelle, depuis des mois, je passais pour aller plus loin, j’en ai franchi le porche poussé par une intuition, celle de m’enraciner dans mon lieu de vie. Quelques semaines plus tard, à la demande du curé, je m’étais intégré à la chorale en voie d’être lancée. 

En cette période de Covid, en ce temps où la participation libre et entière est bien mise à mal dans l’église, par l’épidémie, je me pose la question. « Qu’est ce qui fait que pendant 15 ans, plus ou moins, chaque dimanche, avec l’organiste, quelques choristes, et notre chef de « coeur » j’ai participé, avec joie et fidélité, à la répétition du mardi et à la messe chantée du Dimanche, ce mémorial ?

Combien de générations avant moi, avaient fidèlement été présentes, dans cette église millénaire, à ce temps de mémoire d’un événement ancien et nouveau chaque fois, la Messe.

Que m’apporte cette période d’absence, de manque ? Un temps de réflexion pour me poser la question « Qu’est-ce qui est essentiel. Qu’est-ce qui était attirant dans la messe ? »

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Comment nourrir ma foi en absence d’Eucharistie ?

« Prenez et mangez, prenez et buvez … Vous ferez cela en mémoire de moi » (Lc 22,17…19). Instaurée par Jésus lui-même, l’Eucharistie a très vite été au centre de la vie de la jeune communauté chrétienne qui se rassemblait régulièrement pour rompre le pain.

Kieffer

Seul, on ne peut pas être église. L’Église n’existe que parce qu’on est ensemble, en assemblée. Et cette assemblée s’exprime par excellence dans l’Eucharistie, le moment de rompre le pain, de partager le Corps du Christ pour, ensemble, constituer et devenir ce Corps du Christ dans le monde.

Lorsque nous sommes « en assemblée », nous construisons quelque chose ensemble. La Parole nous éclaire, l’homélie nous exhorte, la prière en communauté nous fortifie, la communion nous nourrit. Et ce « tout » qu’on appelle « eucharistie » nous envoie vers le monde, vers nos prochains, vers notre vie personnelle et communautaire, pour y donner forme au Corps du Christ, au Royaume de Dieu sur terre.

C’est tout un programme, un pilier fondamental, une philosophie, un projet de vie. Une religion.

Et ce pilier, aujourd’hui, est masqué, voilé, inaccessible. 

Comment, dès lors, être éclairé, exhorté, fortifié, nourri, envoyé ? Où trouver force et courage pour donner forme au Royaume ?

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La foi n’est pas évidente

La foi n’est pas évidente 

La liturgie du deuxième dimanche de cette année 2021 donne matière à méditer. Je ne me focaliserai que sur une, à savoir la foi en partant de la thèse qu’elle n’est pas évidente, autant pour les apôtres que pour nous aujourd’hui. Trois raisons justifient cette affirmation.

La première, c’est que la foi n’est pas innée comme la raison. À ce titre, elle n’est pas naturelle et ne relève pas du ressort de l’humain. Elle est un don, une grâce que l’on obtient en s’ouvrant au Seigneur. On l’acquiert dans l’histoire de sa vie, soit au baptême, soit au cours d’une fortuite et inouïe rencontre. Par le baptême, le célébrant et l’assemblée plantent ou sèment une graine de foi dans le cœur du baptisé de manière à grandir en âge et en spiritualité – amour, foi et espérance -. Mais la foi doit être nourrie, cultivée et exploitée pour être maintenue forte et inébranlable.

Si la foi n’est pas innée, donc pas naturelle, il n’est donc pas normal de condamner les incroyants ou les athées, ni de la leur imposer, encore moins de leur faire la guerre. La foi est une adhésion libre à la personne de Dieu, de son Fils et de son Esprit. Elle demeure un appel à la confiance en Dieu en tant que Père plein de miséricorde et d’amour, qui n’a pas d’autres desseins que le salut de l’homme et de l’humanité. La foi en Dieu ne porte pas davantage sur le fait qu’Il soit créateur, absolu et puissant que sur le fait d’être Père tendre, lent à la colère, donc miséricordieux et plein d’amour.

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