En chemin avec Marie et Joseph

1er dimanche de l’Avent

A.B.

Avec l’image de Marie et Joseph, couple en attente de l’enfant, en marche vers la naissance, nous sommes replongés dans l’attente d’un événement prodigieux, l’arrivée d’un enfant, concentrant tous les espoirs, les projets d’une vie plus riche, plus heureuse.

C’est un temps privilégie qui se prépare par la recherche d’un lieu confortable pour l’accueillir.

Avec le cortège des objets à préparer, adaptés à sa fragilité, nous sommes tournés vers lui, ses besoins. Nous sommes décentrés au seuil d’un quotidien totalement autre. Une nouvelle vie va s’ouvrir sans que l’on en connaisse la nature.

En même temps nous devons faire face à un renoncement de certains projets traditionnels, car les traditions de l’un et de l’autre s’opposent peut-être !
Qui va le nommer, comme le grand-père, la grand-mère, de l’un de l’autre ?

Il n’y a pas que le matériel qui impose des choix.

Que de discussions ! Peut-être pour un prénom, des prénoms, le choix du parrain et de la marraine ; du faire-part, des listes diverses !

Le choix du lieu de vie, l’ouverture d’un registre de souhaits pour son futur bien réel ou symbolique.

C’est une alchimie nouvelle qui fait évoluer le couple, ses responsabilités, la relation aux lignées, la présence des grands-parents, de la fratrie, des  amis.

C’est une multiplication de liens.

La première cellule, fermée sur elle même éclate, celle à deux devient multiple, elle se divise, se spécialise.

L’accueil de sa naissance et la crèche, fêtée chaque année peut nous replonger dans le même esprit, que pour la venue d’un de nos enfants mais en réalité ne gommons nous pas toutes les étapes qui y ont conduits !

C’est comme dans la vie que l’on mène au quotidien où il n’y a plus d’étape avant l’événement, l’action.

Au supermarché, on achète presque tout, tout de suite.

Le temps de travail, de préparation, d’attention, d’attente est effacé, trop souvent.

On cueille le fruit en oubliant la patience, la durée, les ressources, les intempéries qui l’ont conduit, construit. Il n’a plus de trajet d’embuches.

Le pain est sur l’étagère, le légume sur l’étal coupé de ceux qui l’ont planté, récolté, qui l’y ont conduit.

C’est pour cela, me semble-t-il, que l’église prend ce temps de préparation, pour que l’on passe en revue ce qui est a  faire concrètement ou ce qu’il faut envisager pour que le nouveau départ, le nouveau cycle ne soit pas une habitude ou simplement un flash de perception mais un feu qui dure, une provision, une nourriture pour repartir autrement dans une nouvelle année de notre cheminement dans la foi, notre cheminement en paroisse.

Faire grandir en nous les qualités d’accueil, d’ouverture de soi pour les autres, celui qui est mon semblable, celui qui appartient à la famille humaine, assemblée autour de sa présence  renouvelée en cette fête de Noël.

C’est pour cela que l’Avent présente une grande importance, pour que par étapes, divers aspects soient mis en valeur pour que l’année qui vient, soit avec lui, qui est annoncé, un fruit, qui nous rafraichisse et nous nourrisse toute l’année.

Il s’est incarné par nous, essayons d’incarner en nous ce qu’il est pour le rendre présent à ceux qui nous entourent. Soyons ses enfants, vraiment !

André Boxus, novembre 2020

Laisser un commentaire