L’adoration

L’acte d’adoration ne se justifie que dans le cadre de l’expérience d’un vrai et authentique amour. Cela va de soi, car  toute personne qui aime et qui se sent totalement aimée par une autre, l’adore. Elle ne jure que par elle. L’amour profond conduit à un acte d’admiration, d’émerveillement de la personne aimée. Mais l’adoration vouée à une personne humaine ne correspond nullement à celle rendue à Dieu. Du point de vue spirituel, l’adoration n’est même plus un acte mais devient un culte. Les raisons pour lesquelles on adore un humain ne sont pas proportionnelles à celles qui justifient l’adoration de Dieu.

 Celle-ci procède d’abord de l’émerveillement que l’humain éprouve devant la grandeur de Dieu, la splendeur de sa création, l’infinité de sa bonté, l’universalité et l’incommensurabilité de son amour, bref devant tout ce qui résulte de LUI. Ayant reconnu et expérimenté tout cela, on est littéralement extasié et transporté par la magnificence divine. Aussi, n’est-il plus étonnant de se voir pousser par l’Esprit à remercier et louer Dieu.

Pour qui adore Dieu, l’émerveillement s’accompagne toujours d’une plongée dans la profonde intimité de Dieu pour se laisser imbiber de sa présence. On s’oublie soi-même pour Lui céder la place. Cet acte d’abandon à Dieu rejoint celui de Jésus peu avant sa mort sur la croix où il s’est entièrement remis entre les mains de son Père: Que ta volonté soit faite et non la mienne.( Luc 22,42) Le culte d’adoration est un culte de lâcher prise et n’est célébré  que par ceux qui ont la foi. Il requiert une intense croyance en Dieu. Ne peut L’adorer que celui qui L’accueille comme Dieu, donc comme l’Absolu, le Souverain. Voilà qui justifie l’abandon de l’adorateur à Dieu. 

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Derrière l’apparence du pain consacré, c’est le Christ qui est réellement présent. Dans l’acte d’adoration, les fidèles croyants se mettent tout seulement en présence du Christ pour communier intimement avec LUI. À ce moment, le silence parle plus que les mots parce qu’il permet de rejoindre le Christ dans le fin fond de soi-même, dans l’intériorité de la vie où Il établit généralement sa demeure. Dès qu’on rejoint cette intériorité, on ne peut qu’être sincère et vrai. L’adorateur accomplit alors la parole du Christ : là où je suis, vous y serez aussi.( Jean 14,3)

Cependant les chrétiens catholiques adorent également Dieu en présence du saint sacrement qui représente, pour eux, la présence réelle du Christ. La création demeure bien entendu l’œuvre puissante de Dieu. Mais dans la foi, la relation permanente de Dieu avec l’homme et vice versa est très significative. En Jésus, Dieu s’est fait homme, s’est rendu présent dans la vie des humains. Signe de son radical amour pour eux. Il en est même mort crucifié. Sa mort est également pour eux le symbole de cet amour radical. Enfin, il y a les paroles testamentaires de Jésus Lui-même : faites cela en mémoire de moi. L’adoration est le prolongement de l’eucharistie.

Puisque celui qui adore, entre dans l’intimité inouïe du Christ, il ne peut en sortir que transfiguré, transformé pour devenir lui-même une eucharistie pour les autres. Le cas de Zachée est révélateur. Personne ne peut accueillir le Christ dans sa vie sans devenir un nouvel être, parce qu’il est purifié par la rencontre et rempli de la présence de Dieu. Aussi, l’adorateur qui fait une expérience fabuleuse de la présence de Dieu dans sa vie, devient-il pour la communauté humaine l’icône vivante de l’hostie. Accomplissons le culte d’adoration pour être des témoins vivants de la présence de Dieu dans notre société et communauté. Denis KIALUTA-LONGANA

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