Adoration mensuelle : une expérience apaisante

C’est la rentrée, non seulement celle des classes mais aussi en ce premier mardi du mois, de la prière du soir. Dans notre église millénaire, dédiée à Notre-Dame, un couple motivé nous propose une fois par mois de quitter en soirée notre nourrice électronique. Oui quitter pendant une demi-heure, notre lucarne sur le monde de la violence souvent, des mauvaises nouvelles où les morts s’accumulent, de l’agitation permanente pour faire le calme en nous, pour retrouver un sens profond, celui d’être vivant. Se tourner à nouveau vers celui dont nous essayons de partager le plus souvent possible la parole, l’attitude en ouverture vers nos proches, notre entourage.

Depuis longtemps déjà, l’agitation nous conduit par le nez vers des objectifs éphémères, futiles. Alors pourquoi pas se poser un petit moment et se tourner vers l’autel où selon la tradition ancienne et chrétienne la Sainte Hostie est exposée dans l’ostensoir.

Entrer dans la louange pour tout ce qui nous est donné gratuitement. Prendre conscience de sa présence, non seulement là devant sur l’autel, mais aussi en nous.

L’église, en cette rentrée de Septembre est lumineuse, un nouvel éclairage a effacé l’atmosphère assez sombre de la grande nef pour lui donner un éclat neuf.

Nous sommes une petite dizaine de paroissiens, à avoir fait ce choix d’accompagner notre pasteur pour ce moment de louange à la fois silencieuse et musicale quand notre guitariste accompagne l’un ou l’autre chant.

Le temps prend une autre dimension, l’apaisement se met en place rapidement après le rituel d’entrée qui en ouvre l’exposition.

Un ostensoir neuf, sobre, couleur cuivre jaune, entoure l’hostie.

Peu à peu mes yeux se fixent sur les reflets visibles sur l’objet, de ce nouvel éclairage.

Surprise, comme deux yeux me regardent, deux traits lumineux, reflets des deux rangées de luminaires.

Mon mental est déconnecté, je suis dans un autre monde, celui du dialogue avec ce symbole rempli de lumière. Ce n’est pas un miracle, bien sûr, c’est un reflet mais je lui donne un sens. Et si le seigneur voulait par ce jeu de lumière improbable, me faire un signe, pour me convaincre du Mystère qu’il est, qu’il a toujours été.

Un lien plus fort s’est établi entre nous et le Mystère de sa présence bienveillante, aimante qui me soutient dans les moments que j’ai à traversés.

Petit clin d’œil de l’environnement qui m’encourage à l’ouverture du cœur, à l’acceptation de ce qui pourrait être le sens de ce reflet. Loin du rejet mental trop souvent systématique.

Ouvrir les yeux, ne plus être aveugle à sa présence, dont les textes sacrés parlent, qu’ils soient épitres, évangiles ou psaumes.

Faire la place à l’indicible, laisser ouverte la porte de mon attention, pour que par sa présence rayonnante, il me touche et me soutienne dans les difficultés de la vie.

Ce jeu de lumière me renvoie à mon passage à l’église, au début du confinement, à l’équinoxe du printemps. Moments où les rayons du soleil après avoir parcouru le sol du choeur, s’élèvent lentement vers l’autel, le tabernacle puis la statue du Sacré-Cœur. Moment d’apothéose où les rayons sont arrêtés par le faîte du transept.

Hommage de la nature à travers la construction de l’église. L’architecte a utilisé les formes du bâtiment pour le rendre plus vivant, pour faire hommage à celui dont on ne sait rien, qui est Tout et que l’on pressent là, en présence de nous quand nous nous accordons un moment de relation, de prière si possible silencieuse pour se laisser transporter, soutenu par les psaumes, dans un hommage à celui qui est à l’origine de la vie.

Petit moment de prière, dans notre hyperactivité, pour se laisser toucher par l’indicible et en ressortir plus vrai, plus juste et plus vivant.

André BOXUS

Laisser un commentaire