Homélie 12-13 février

Confirmation du OUI

Evangile de Luc 6, 17, 20-26

Et Dieu dans tout cela ?

Nous voyons ces guerres, ces morts. Il y a les tremblements de terre, les inondations, les volcans qui explosent. Il y a les malades, la souffrance, la solitude, la précarité. Et souvent nous nous disons, et que fait Dieu dans tout cela ?

En ce week-end spécial pour les couples, je voudrais revenir sur vous, sur nous.

Et si Adam et Eve étaient parfaits, Si Caïn et Abel étaient parfaits ? Si leurs enfants, petits-enfants et arrière, arrière … petits enfants étaient parfaits ?

Et si nous, toi, moi étions parfaits ? Que serait notre monde fait de tout un monde de femmes et hommes parfaits, comment cela marcherait ?

J’ai l’impression que cela exploserait, car ce qui fait la beauté de ce monde c’est de grandir ensemble, de nous accompagner dans les bons et mauvais moments. C’est de découvrir la surprise de notre épouse, de notre époux. C’est d’apprendre à se relever ensemble. Vivre, c’est grandir.

E puis nous avons cet évangile de Luc qui s’adresse à nous aujourd’hui. 

Avant le texte lu aujourd’hui, Jésus était allé dans la montagne pour prier. Suite à cela il choisit les douze.

Le voilà maintenant redescendant de la montagne porteur d’un message et il s’arrête sur un plateau devant une foule impressionnante de gens venus d’ailleurs ( Judée, Jérusalem, ..) et le discours qu’il va faire s’adresse à tous, car il est le seul capable de combler leur aspiration au bonheur.

Contrairement à St Matthieu, dans les béatitudes de St Luc il n’y a que 4 béatitudes et en plus Jésus parle à le seconde personnes … VOUS les pauvres, …

Il ne s’agit pas d’un discours théorique, mais il s’adresse à vous, à nous. C’est du concret. Heureux vous les pauvres, le royaume de Dieu est à vous. Autrement dit, heureux celles et ceux qui ont encore de la place dans le cœur pour accueillir les imprévus de la vie, qui se reconnaissent assez pauvres pour apprendre des plus petits, qui ont encore de la place dans leur cœur pour accueillir les imprévus de la vie, qui font de leur cœur un espace où chacun est le bienvenu en particulier le Seigneur qui ne prendra toujours que la place qu’on lui laisse. 

Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Voici une invitation à approfondir la disponibilité de notre couple au monde extérieur.  Il nous est proposé de discerner sous le regard de Dieu : l’essentiel du superflu.  Oser, à notre rythme, des changements.  Se sentir soutenu et rassasié par la présence de Dieu dans notre quotidien.

Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous rirez

Pleurer, c’est exprimer une émotion, un mouvement du cœur : la tristesse, le manque, mais aussi la joie.  Pleurer c’est se montrer tel que l’on est : force et faiblesse.   C’est ouvrir un espace pour la consolation. Découvrir que nous sommes écoutés, rejoints dans notre détresse. Recevons ce cadeau de la rencontre, de la tendresse  de Dieu dans notre quotidien au travers de notre conjoint.

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent.  C’est assez difficile à comprendre sauf si nous portons le regard sur Dieu et aussi tant d’autres  témoins de l’amour de Dieu. Dans cette affirmation dure, Jésus nous demande de nous ouvrir à l’autre, nous ouvrir à Dieu.  Ce sentiment d’exclusion ne le connaissons-nous pas quand revenant du boulot nous ne sommes pas accueillis. Cela peut aussi arriver dans un couple où l’on a du mal à se supporter, car un événement, une phrase mal dite nous heurte ? Osons alors 3 choses :

  • Nous arrêter 
  • Regarder le Christ et en silence ouvrir les mains pour recevoir sa compassion qu’il donnera toujours.
  • Regarder notre conjoint et peut-être sans un mot, l’embrasser. S’embrasser est la meilleure des miséricordes, car elle nous rapproche et nous rappelle que nous sommes tout petits et devons toujours progresser même si nous avons 60 ans de mariage. Grâce à Dieu, il y a toujours ce chemin de la confiance de l’amour infini de Dieu qui reste toujours à définir, à trouver.

Ce discours des béatitudes est vraiment pour nous les couples, car :

  • Il y a toujours cette force de changement à discerner, à faire grandir
  • Il y a la force de la rencontre en toute humilité
  • Il y a cette richesse de prendre du temps à deux pour s’écouter.
  • Il y a cette joie de se redire OUI chaque jour même les jours plus difficiles, car nous osons nous reconnaître tel que nous sommes et apprenons à grandir ensemble

Vous qui aujourd’hui acceptez de célébrer la confirmation du OUI, vous qui en tant que jubilaire vous souhaitez rajouter une pierre blanche sur votre route, Dieu vous dit «  Heureux, bienheureux êtes-vous » Soyez dans la joie et l’allégresse. Amen 

Pierre-Paul Van Parijs

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