La liturgie eucharistique

Pour revenir à notre effort de compréhension de ce que nous vivons à la messe, après l’Accueil et la Liturgie de la Parole revisités lors de nos éditions précédentes, vient la Liturgie eucharistique.

Cette partie de la messe est constituée par les Offrandes, la Prière Eucharistique et la Communion.

Les Offrandes

L’offrande est d’abord un don de Dieu aux hommes : « Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps… » (Mt 26, 26-28) – Jésus s’offre pour que nous puissions vivre !

Le pain et le vin nous orientent vers l’offrande de Jésus, sa vie offerte. Et nous, que sommes-nous prêts à offrir ?

vitrail pain et vin
Pixabay

*La procession des offrandes: En apportant le pain et le vin, nous remercions Dieu pour la surabondance de ses dons – la semence, la terre, la pluie, le soleil…. Mais aussi, la vie, les dons que chacun a reçus pour grandir … Et surtout L’Amour infini de Dieu qui nous accueille.

*La préparation des offrandes : Le prêtre accueille les offrandes apportées par des laïcs, les présente à Dieu.

*La prière sur les offrandes : Il prie et remercie avec et pour le peuple : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église. » (L’Église est le peuple de Dieu!)

La Prière Eucharistique (aussi appelée Canon Romain)

La prière eucharistique numéro 1 : Remonte au moins à saint Ambroise (+397), elle fut durant des siècles et jusqu’au Concile Vatican II (1962) l’unique Canon de l’Église latine. « Père infiniment bon, Toi vers qui montent nos louanges… »

La prière eucharistique numéro 2 : C’est une adaptation récente de la plus ancienne prière eucharistique connue : celle de saint Hippolyte de Rome (vers 215). C’est aussi la plus utilisée, peut-être parce que c’est aussi la plus brève ! « Toi qui es vraiment saint, Toi qui es la source de toute sainteté… »

La prière eucharistique numéro 3 : Elle est conçue au moment du Concile et est la plus élaborée au point de vue théologique. Elle souligne le rôle de l’Esprit Saint, en mettant en relief les deux épiclèses (invocation à Dieu le Père pour qu’il envoie son Esprit Saint). « Tu es vraiment saint, Dieu de l’univers, et toute la création proclame ta louange… »

La prière eucharistique numéro 4 : Elle condense toute l’histoire du Salut, de la création à la rédemption, la parole des prophètes et l’accomplissement du dessein divin dans l’incarnation. Le Père donne son Fils au monde pour le sauver.

La première épiclèse ou demande à Dieu de l’action de l’Esprit « Que ce même Esprit Saint, nous t’en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes… » – Nous demandons au Père que l’œuvre de l’Esprit s’accomplisse pour nous. Cette « épiclèse » place le célébrant à sa juste place : il n’accomplit pas un rite magique, il accueille, en notre nom, ce que vont devenir le pain et le vin, nos offrandes, « qu’elles soient sanctifiées ». Sanctifier, c’est rendre saint. Par l’Esprit, les offrandes vont devenir corps et sang du Christ.

Le récit de l’Institution – « Quand l’heure fut venue…» (Jean 13, 1) – Le récit de l’Institution est la prière d’action de grâce de Jésus, sa prière éternelle vers le Père qui est la nôtre aussi. « Il bénit… il rendit grâce…». Ce n’est pas seulement un corps « donné pour » mais une vie livrée, versée pour (corps et sang). En araméen, le mot corps désigne la personne, l’Être de Dieu et l’être de chacun de nous; le sang désigne la vie.

« Vous ferez cela en mémoire de moi » : l’Eucharistie est ce qu’on doit faire en mémoire de Jésus. Le récit nous insère dans cet événement initial, unique, sa mort et sa résurrection, afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous. Par le récit, nous entrons, nous aussi, dans le sacrifice de Jésus rendu présent, actualisé. Le prêtre lève le Corps du Christ et le Sang du Christ – un geste d’offrande à Dieu mais aussi un geste qui invite les fidèles à regarder. N’ayons donc pas peur de regarder avec adoration, debout, en ressuscités, puis inclinons-nous et rendons grâce !

L’anamnèse – « Il est grand le Mystère de la Foi… » Ou « Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi »  – L’assemblée répond : « Nous rappelons ta mort, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». C’est le seul moment de la prière qui s’adresse à Jésus seul et au présent. Jésus est présent, ici et maintenant jusqu’à sa « venue dans la gloire ». La gloire, c’est ce qui a du poids. C’est le poids infini de Dieu, son amour sans limite pour toute la création, son rayonnement, sa fécondité, sa fidélité absolue qui, par Jésus, se communiquent à nous. Christ reviendra dans sa gloire divine de ressuscité pour nous emmener à sa suite, définitivement vers le Père.

La seconde épiclèse – Le célébrant prononce la seconde épiclèse, sur l’assemblée, afin qu’elle soit, « rassemblée par l’Esprit Saint en un seul corps », le Corps du Christ, afin que nous devenions ce que nous recevons. Communiant à la vie du Christ ressuscité, nous devenons à notre tour offrande « à la louange de ta gloire ».

Après la louange, nous prions pour l’Église et pour les défunts. « Souviens-toi » : Nous posons un acte d’espérance ; nous proclamons que nous croyons que l’alliance est rétablie et éternelle, et que tous sont destinés à en vivre.

La doxologie est une « parole de gloire », c’est-à-dire une formule célébrant la gloire de Dieu.

– « Par Lui » : Le Christ est le seul Médiateur qui peut nous conduire vers le Père. En offrant sa vie « pour nous et pour le salut du monde » il réalise notre union à Dieu. Ce n’est que par lui que nous recevons notre état de Fils et de Fille.

– « Avec Lui » : Notre vie n’est vraiment une vie chrétienne que si elle est vécue « à sa suite », « comme lui ». L’Eucharistie nous propose une vie à la suite de la vie donnée de Jésus. Une Eucharistie qui ne déboucherait pas sur une vie en communion avec nos frères, comme celle de Jésus, perdrait son sens.

– « Et en Lui » : En Jésus Christ, nous entrons dans notre filiation, il n’y a pas d’autre chemin. Seule la communion à son corps et à son sang, nous rend semblable à lui, nous rend fils et fille du Père.

– « Amen », répond l’assemblée, ratifiant ainsi le sens initial de la Prière Eucharistique. « Amen » est un mot hébreu qui signifie je crois fermement, j’adhère avec force, ainsi soit-il.

Pixabay

La Communion

*Le Notre Père : Avec Jésus qui est présent, nous disons « Le Notre Père », la prière que Jésus a apprise aux apôtres. Nous exprimons ainsi que nous sommes en Jésus et avec lui, des enfants d’un même Père !

*Le geste de paix : Nous accueillons la paix de Jésus que nous partageons entre nous par un geste.

*La fraction du pain et l’Agneau de Dieu : Le prêtre rompt le pain. Ce geste signifie l’unité de tous ceux qui communient. La fraction du pain nous dit aussi que la vie avec Dieu est partage, don de soi, offrande…

Nous ne sommes pas dignes de recevoir ce pain, mais le don de Jésus nous rend chacun digne de la communion avec Lui.

*Le temps de la communion: Pour communier, il faut croire que Jésus est toujours présent et qu’il nous propose d’être avec nous, de s’unir à nous pour marcher ensemble vers le Père. Mais nul n’est obligé de répondre « Oui ». On peut ne pas être prêt…

On ne va pas vers L’Amour pour soi ou pour être en règle… On va vers l’Amour pour lui offrir une place, pour lui ressembler un peu plus chaque jour, pour l’épanouir autour de nous. Prendre la main de Jésus, c’est avoir envie de regarder vers les hommes pour les aimer. – « Aimer » dans l’Évangile consiste en une décision : vouloir la vie pour l’autre et l’aider à y arriver !

Communier au corps et au sang du Christ, c’est devenir ce qu’il est lui-même, c’est-à-dire devenir Fils et Fille avec Lui.

Irmgard B.

Sources d’information : https://www.la-croix.com https://www.catholique.org

Laisser un commentaire