Le Père Luc a 100 ans le 4 octobre !!

Lorsque l’ancienne maison paroissiale de Mousty a été transformée en résidence pour prêtres âgés, le Père Luc et sa sœur ont occupé l’appartement au-dessus du porche.

AB

Dès les premiers jours, il s’est intégré à la pastorale, célébrant des messes, animant un groupe de partage d’évangile, s’impliquant comme visiteurs de malades en dialyse au sein de l’aumônerie de la Clinique. Après avoir perdu l’usage de sa voiture, vu sa mauvaise vue, il s’y rendait régulièrement à pied.

C’est un personnage hors du commun, animé d’une vitalité extraordinaire, tourné vers les autres, saluant avec empathie tout son entourage.

De lui, je garderai ce rayonnement joyeux, ferme et constant. Je dirais en prise directe sur la transcendance.

Alors qu’en période de l’Avent, quelques rares paroissiens se levaient pour la messe de l’aurore à 6h30, à la crypte, il était un des premiers présents. Jusqu’avant le Covid, il nous chantait d’une voix ferme, en latin et a capella, le « Rorate Caeli desuper », chant grégorien dont le refrain est tiré du Livre d’Isaïe (45,8) : « Cieux, épanchez-vous là-haut, et que les nuages déversent la justice, que la terre s’ouvre et produise le salut » pour nous entrainer d’une voix vibrante à nous ouvrir à celui qu’il a servi toute sa vie, à la prière, à la grâce, au mystère, à l’immanence.

Jardinier entreprenant, il galvanisait – j’imagine- ses confrères pour le jardinage dans le lopin de terre ouvert au fond de la propriété où il faisait pousser quelques légumes.

Par mon passage fréquent à la salle paroissiale, je le rencontre, marchant, méditant et le bout de conversation sur ses contacts avec les locataires me fait toujours plaisir car en quelques mots, il me rassure sur le comportement de ceux-ci avec qui il parle volontiers.

La sonorité de son Bonjour me touche chaque fois par sa chaleur et sa vérité. Jamais je n’ai été surpris, snobé comme je le fus parfois par ceux qui sont comme des étoiles filantes.

Avec sa sœur, il forme une paire de jumeaux, toujours prête à rendre service, à présenter un merci, un encouragement et à participer surtout, fidèles dans leur engagement.

Parfois, à l’occasion, il m’appelle François, en s’excusant de suite pour ce lapsus, petit jeu verbal, plus qu’une confusion, qui nous fait sourire chacun.

Que de personnes n’a-t-il pas rencontré dans sa pastorale si longue et remplie d’attention. Sans compter les coups de fil, qu’il recevait/reçoit discrètement chez lui.

Le dernier mois, je le vois fragile, faisant son petit tour dans la cour centrée de la résidence pour maintenir une mobilité qui s’affaiblit vu son âge mais qui reste remarquable. N’a-t-il pas récupéré d’une chute à la mer, renversé par une bourrasque violente qui l’a envoyé des semaines en revalidation ?

Le Vendredi Saint dernier, il était présent au chemin de croix, au bras d’une paroissienne qui le soutenait, plutôt que de se réfugier sous son âge. Après le temps de repos qui suivait celui-ci, je le voyais à sa place habituelle, poursuivant sa méditation, juste au moment où les rayons du soleil éclairaient symboliquement le tabernacle vide, dont la porte ouverte annonçait qu’après la quatorzième station, Jésus allait ressusciter au matin de Pâques 

En le voyant fidèle et attentif, à la messe de 10h30, j’entrais, par son exemple, plus facilement dans la prière et la méditation.

Merci Père Luc pour tous ces moments particuliers et précieux, pendant ces 10 années, couronnement d’une longue activité pastorale et bon centième anniversaire !

André-Luc, né comme lui, un 4 octobre !

Si vous voulez faire un test : AOP CSE MOUSTY: BE80 1431 1385 6277

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