Proclamer notre foi, la célébrer, la témoigner

L’année 2020 aura été très particulière à cause de la pandémie de corona Covid-19. Elle a bousculé nos habitudes et nous a imposé de nouvelles manières d’être pour ne pas dire un nouveau mode de vie. Le point de vue spirituel en a subi aussi le contrecoup. D’abord, le confinement nous a privés de célébrations eucharistiques. La reprise a été conditionnée par un nombre réduit des participants, le port obligatoire des masques et la désinfection des mains. Le moins que nous puissions dire, c’est que cette pandémie nous fait vivre des moments difficiles qui s’ajoutent à ceux qui existent déjà. Mais elle ne nous a pas empêchés, (ne nous empêchera pas) de proclamer notre foi, de la célébrer et la témoigner. Nous entamons une nouvelle année pastorale. Le tout est de savoir dans et avec quel esprit nous allons y entrer pour conduire à bon port la mission reçue du Seigneur en tant que baptisés. Je vous propose une méditation axée sur trois axes se rapportant à la foi, à savoir : la formation, la célébration et le témoignage de la foi.  

Formation.

La foi a toujours un objet ou un sujet. D’ailleurs, il n’est pas correct de dire que je ne crois à rien. Si on croit, c’est qu’il y a un contenu. La question à se poser est de savoir la nature de ce contenu, puis de le comprendre et enfin de l’intérioriser. Dans nos célébrations, nous récitons par cœur non seulement les prières comme le Notre Père, le credo, le gloria mais aussi bien d’autres encore. Nous sommes-nous déjà donnés la peine de nous arrêter sur chaque parole de ces prières pour en approfondir le sens, en découvrir la pertinence et la profondeur ? Comment pouvons-nous assumer un contenu dont nous ne saisissons pas le sens, ni la teneur ? L’intériorisation est d’abord le fruit de la compréhension. C’est quand on saisit quelque chose qu’on peut mieux en parler, l’exploiter dans plusieurs domaines et aussi le vivre. D’où l’importance de l’approfondissement, du ressourcement. Cela peut se faire soit par des enseignements que l’on reçoit ci et là, par des lectures personnelles, des partages et échanges entre amis, les méditations… Prenons soin de notre foi en la nourrissant.

La célébration.

La foi se célèbre. Nous en avons un vibrant exemple dans le livre de l’apocalypse qui fait continuellement état d’une véritable vivante liturgie céleste où les anges, les saints magnifient la grandeur de Dieu, louent sa bonté, Le glorifient pour son incommensurable amour. Le chapitre 4 suffit pour nous en convaincre : «  Lorsque les Vivants rendent gloire, honneur et action de grâce à celui qui siège sur le Trône, lui qui vit pour les siècles des siècles,

les vingt-quatre Anciens se jettent devant Celui qui siège sur le Trône, ils se prosternent face à celui qui vit pour les siècles des siècles ; ils lancent leur couronne devant le Trône en disant : « Tu es digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance. C’est toi qui créas l’univers ; tu as voulu qu’il soit : il fut créé. » (9-11)

Ce livre nous révèle qu’une vraie célébration liturgique n’est authentique que si elle est vécue par des inébranlables convaincus. Au ciel, le problème ne se pose pas. C’est sur la terre où la question est soulevée. Participons-nous aux différents cultes avec conviction ou par formalité ? La foi est censée précéder la célébration. Il ne viendra jamais à l’esprit d’un incroyant de participer à un culte sauf si les contraintes sociales voire politiques le lui obligent. Le culte est principalement l’affaire des croyants. C’est donc avec enthousiasme, joie que nous devons y prendre part puisqu’elles servent à rendre à Dieu ce qui Lui revient, à savoir la louange, l’adoration, la glorification. Aussi nos liturgies sont censées être actives, chaleureuses, festives, joyeuses, accueillantes  et non pas froides, maussades. La raison en est simple. Comme celle du ciel, nous y participons d’abord pour Dieu et enfin pour nous-mêmes. Il s’agit de rendre grâce à Dieu pour toutes les merveilles dont nous sommes bénéficiaires. Nous voulons également nous rapprocher de Lui, vivre une profonde communion avec Lui pour pouvoir assumer sa volonté dans nos vies qui n’est rien d’autre que d’ériger une solide fraternité entre nous. Toute célébration liturgique finit toujours par nous renvoyer à la fraternité, donc à la solidarité. D’où le troisième axe : témoignage  

Le témoignage.

Il est le fruit de la foi et c’est lui qui la nourrit. Il n’est pas possible de croire en Dieu et de ne pas témoigner de son amour. Si c’est le cas, alors, votre foi ne constitue pas du tout une conviction. Croire en Dieu, c’est non seulement être convaincu de son existence mais davantage de son amour, sa miséricorde, sa compassion, sa justice ….. Voilà pourquoi sa Parole est appréhendée comme une bonne nouvelle. Allez-vous garder cette bonne nouvelle pour vous-même ? Un homme de foi est mû par la conviction que cette bonne nouvelle doit être annoncée. Cependant, la meilleure annonce se réalise par son propre vécu. C’est le témoignage de sa propre vie. C’est dans la mesure où nous rayonnons de l’amour de Dieu que nous l’annonçons également de manière efficace. Témoigner de la miséricorde de Dieu dans sa vie, telle est la mission qui est dévolue à tout baptisé. Ce témoignage peut aller jusqu’à l’offrande de sa vie. Ne pas trahir, nier, sacrifier la parole de Dieu au profit de nos intérêts personnels, voire de notre propre vie, tel est le sens profond du témoignage, à savoir le martyre. Cela rejoint l’adresse du Christ à ses apôtres. Celui qui ne renonce pas à sa vie et ne porte pas sa croix, ne peut être digne de moi.

Témoigner de l’amour de Dieu sur terre se manifeste enfin par toute la générosité, la compassion et l’humanité à l’égard de nos frères humains dans la détresse. Le baptisé peut se définir comme l’acteur principal non seulement de la charité mais davantage de  l’amour pour préserver la dignité de toute créature de Dieu. Il est actif dans les organisations impliquant la solidarité. Devant des situations de flagrantes injustices, il s’indigne et s’engage à restaurer la justice. Puissions-nous nous ouvrir à cette dimension importante de la foi pour concrétiser l’enseignement de saint Jacques : une foi sans œuvres est une foi morte. (Jc 2, 26)

Au moment où nous commençons la nouvelle année pastorale, prions pour que la foi soit au centre de nos préoccupations de manière à l’entretenir par des formations assidues, des célébrations dignes et des témoignages authentiques.  

Denis KIALUTA

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